Décembre 2021. J’ai le Covid.

Nous demeurons strictement confinés dans notre petit hlm à Montpellier. Mon besoin de silence, de solitude et de grands espaces est mis à mal, mettant à rude épreuve ma santé mentale, déjà éprouvée par les mois de confinement précédents et le contexte de tension général de cette époque. Je réalise alors une série de photos de ma famille en noir et blanc. Pris sur le vif, ces clichés donnent à voir l’aspect sensible et émotionnel de mon style photographique. Dans cette période troublée de nos vies, ce travail m’aidera à surmonter l’angoisse et le sentiment d’oppression insupportable qui résultaient du confinement 24h/24 dans un petit appartement.

Le fait de prendre ma famille en photo me faisait me sentir à la fois plus proche d’eux et plus distante, comme me tenant à l’écart dans l’attitude froide et scrutatrice de la photographe, mais posant à chaque instant sur eux ce regard tendre et attentif, aux aguets de leurs moindre faits et geste, remarquant chaque attitude, chaque regard.

Le noir et blanc ici rassemble l’attention du spectateur sur les formes et les regards, dissipe les distractions occasionnées par le décor surchargé de l’appartement, mais sans le dissimuler. Il met en valeur le jeu d’ombres et de lumières qui est aussi comme une métaphore de la vie qui nous est offerte. Confinés ensemble, enfermés ensemble, proximité forcée, amour, tendresse, besoin contrarié de solitude, mes émotions sont pleines de ce contraste étonnant que dessinent les lumières et les ombres.

Cette série se termine par notre déconfinement, montrant nos premiers pas à l’extérieur après plus de 10 jours sans la moindre sortie.

 

 

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